Qui est Suzie Pelletier écrivaine ?

     Question 1 : Dans la série le Pays de la Terre perdue», vous faites référence à plusieurs moments du Québec, dont la Gaspésie, Sherbrooke, Québec. D’où venez-vous au juste?

     Je suis née à Sherbrooke et j’ai vécu à East Angus pendant 15 ans, durant mon enfance et mon adolescence. Puis j’ai migré vers la région de Québec pour y faire mes études de baccalauréat en sciences, à l’université Laval, et j’y suis restée 10 ans. Je m’y suis mariée et nos enfants y sont nés. Nous habitons la région de Montréal depuis plus de trente ans. La famille de ma mère vient des Cantons de l’Est, celle de mon père vient du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie. J’aime voyager et il y a peu d’endroits du Québec, au sud du 49e parallèle, que je n’ai pas visité par plaisir ou pour le travail. 

J’adore particulièrement les grands espaces, la marche en nature, et la nature en général.

     Question 2 : On peut comprendre, par vos écrits, que vous avez pris votre retraite en 2010. Est-ce que votre parcours professionnel vous a préparé à cette nouvelle aventure dans le monde littéraire

     Mon parcours professionnel, riche en expériences et rempli d’apprentissages, a profondément marqué mon approche humaniste que l’on retrouve dans tous mes livres. De militaire réserviste dans un régiment d’artillerie à fonctionnaire fédérale en ressources humaines, je me suis toujours intéressée au facteur humain. Je pense que c’est la plus importante composante de nos organisations modernes. Il faut encourager sa diversité, composer avec les différences et respecter chacun des humains qui composent notre société. Chacun évolue à son rythme, faisant grandir l’organisation avec lui. 

À ce titre, c’était une question de temps avant que j’écrive une quête humaniste de l’ordre de la série du Pays de la Terre perdue. On y retrouve mes valeurs personnelles sur l’humanité, l’environnement, la nature, la famille, le respect des autres, et l’apprentissage. 

     Question 3 : À la lecture de la série «Le Pays de la Terre perdue», il devient évident que vous connaissez bien et que vous aimez la nature. D’où vous vient ce goût?

     Depuis toujours, la nature, particulièrement l’eau et la montagne, m’apporte la sérénité et un immense bien-être. 

     Enfant et adolescente, j’ai passé une bonne partie de mes étés sur le bord du lac Aylmer, entre Stratford et Disraeli dans les Cantons de l’Est. Ainsi, mes loisirs étaient remplis de canotage, de pêche, de natation, de plongée en apnée ainsi que de randonnées dans les bois avironnant pour cueillir des fraises, des framboises et des bleuets. J’avais toujours la tête pleine de questions que mes parents répondaient avec patience. 

     Étudiante au CÉGEP de Sherbrooke, je retrouvais le calme après les examens en grimpant le mont Bellevue ou le mont Orford. J’ai toujours ce besoin vital de me retrouver au sommet des montagnes, ce qui me procure une belle remise en question : me sentir immensément petite sur cette terre immensément grande. C’est à la fois une leçon d’humilité et de grandeur. 

     Bien sûr, mes études en biologie, option écologie marine, ont beaucoup ajouté à mes connaissances et augmenté mon besoin de me retrouver en nature aussi souvent que possible. 

     Puis, les voyages à travers le monde, avec mon conjoint, ont fait le reste. 

Question 4 : Vous avez plusieurs fois mentionné que vous n’aimiez pas les cours de français à l’école. Maintenant que vous écrivez à temps plein, regrettez-vous

Ce que je n’aimais pas, c’était la mécanique de la grammaire. J’adorais écrire, inventer des récits, mais je ne voyais pas la nécessité de suivre la convention qui nous obligeait à mettre la lettre «s» à «pomme» quand j’écrivais «un sac de pommes». Pour moi, je trouvais évident qu’il y eût plus qu’une pomme dans un sac… sans ajouter la lettre «s». J’utilise maintenant tous ces principes pour mieux écrire. J’ai maintenant des outils (dont Antidote) pour y arriver plus efficacement.

De plus, en retournant sur les bancs d’école et par le coaching en écriture, j’ai compris que mes connaissances en français et en littérature étaient plus élevées que je croyais. Ça m’a rassuré, mais je continue d’apprendre tous les jours. Pour écrire encore mieux.

Question 5 : Est-ce que votre méthode d’écriture comprend la mise en place d’un plan précis

      Dans tout travail, tôt ou tard on arrive au plan. Ça aide à donner de la cohésion et à se retrouver dans le texte. Je sais ce que je veux dire, je n’oublie rien et la finale est claire. Parfois, un thème, un évènement, une scène particulière ou un texte accrocheur fait surgir des idées déconnectées dans ma tête. Je laisse alors libre cours à mon imagination pour trouver la manière de les mettre en récit. Très tôt au cours du premier jet, j’organise les informations pour en tirer une cohérence.

     Le plan devient essentiel et comprend une liste des chapitres et l’intention qui s’y attachent, une liste des personnages et leur descriptionainsi que des notes de recherche. Ça permet de ne pas perdre de vue ce que l’on veut dire.