Qui est l'éditrice Suzie Pelletier ?

Question 1 : Vos livres de la collection « Le Pays de la Terre perdue» ont été publiés chez Véritas Québec. Pourquoi avoir choisi une maison d’édition indépendante plutôt qu’une maison agréée (subventionnée) ?

     Plusieurs éditeurs agréés ont démontré de l’intérêt pour l’idée, mais je n’ai pas apprécié leur réponse. On voulait publier le premier tome puis attendre le résultat pour décider de la suite. Le tout en exigeant que je cède mes droits d’auteur à la signature du contrat. Je me voyais mal me présenter à une deuxième maison, l’année suivante, pour le deuxième tome en disant «je suis désolée, mais une autre maison a les droits sur le premier roman». Cette obligation de renoncer à mes droits d’auteur me laissait perplexe. J’ai refusé ces offres. 

     De plus, je ne viens pas du milieu littéraire et J’avais besoin d’aide pour amener le livre là où je le voyais. J’ai trouvé le coaching dont j’avais besoin chez les éditeurs indépendants. En raison de ma contribution à la mise de fonds pour la publication des livres, je gardais mes droits d’auteurs. 

Question 2 : Vous avez souvent écrit sur l’importance de conserver vos droits d’auteurs. Pouvez-vous en dire plus ? 

     J’apprécie beaucoup l’indépendance que je conserve sur l’utilisation de mes droits d’auteurs. Les maisons d’édition agréées cherchent à en prendre le contrôle, y compris ceux associés à la cinématographie et les produits dérivés. Selon eux, le fait d’assumer tous les coûts de la publication leur donne le droit d’exiger la cession des droits. Je trouve cette façon de faire abusive. Pourtant, sans l’auteur, l’éditeur n’est rien. Ça m’irrite.

Question 3 : Est-ce que vous refuseriez de faire publier un livre par une maison agréée ? 

     Pas du tout. La maison d’édition agréée «Les Messagers des étoiles» a publié en mai 2013 le collectif «Un bouquet de roses» qui contient l’un de mes textes. Je pense qu’il faut choisir le modèle qui convient pour l’ouvrage que l’on présente. Je dois aussi ajouter que les formules offertes par les maisons agréées et indépendantes sont fort nombreuses. Il faut trouver le modèle qui convient à chacun de nos livres, à nos moyens financiers et à nos goûts. 

Ma maison d'édition me sert à publier les livres qui font partie de collections/séries. L'une d'entre elles comprendra 10 tomes, une autre, 5 livres. Placer l'avenir de ces collections dans les mains d'éditeurs qui peuvent n'importe quand en " cesser" la production ne m'enchantait pas. 

Par contre, j'ai quelques idées de livre unique qui ne seront pas dans l'une des collections proposées par les Éditions du Défi.  Pour ces textes, je trouverais un grand avantage à les proposer à des maisons d'éditions agréées. D'abord parce qu'ils seraient en meilleure position de mettre en valeur ces livres particuliers. Puis, je profiterais de travailler avec d'autres professionnels du livre pour augmenter mes compétences tant en écriture qu'en édition de livre. 

Plusieurs écrivains s'affilient à plus d'une maison d'édition. Pourquoi pas moi ?

Question 4 : Quand on vous rencontre dans les Salons du livre, on a l’impression que vous avez un plaisir fou à raconter votre histoire et à présenter vos livres. 

     Oui, J’aime parler de mon métier et les visiteurs me le rendent bien. Mes contacts avec les lecteurs me remplissent d’énergie. Les discussions sur tous les sujets abordés me stimulent et me provoquent, ce qui se traduit la plupart du temps dans mes écrits. 

     Je profite aussi de cette camaraderie que je retrouve dans les évènements littéraires avec les autres auteurs et les éditeurs du monde du livre. Cette collégialité me stimule énormément et brise cette solitude que l’auteur vit continuellement quand il écrit. 

Question 5 : vous avez pris la décision de créer votre maison d’édition. Que s’est-il passé ? 

     Je dirais qu’il s’agit, pour moi, d’un cheminement normal. Ma carrière antérieure de 35 ans dans la fonction publique fédérale comportait de nombreux postes de direction. La gestion de projet demeure l’une de mes forces. Pourquoi ne pas utiliser mes apprentissages au cours de ces années dans le développement de ma carrière en assumant les fonctions d’éditrice? J’étais prête à voler de mes propres ailes. Pourquoi ne pas le faire, alors?

Question 6 : Peut-on s’attendre à ce que vous acceptiez bientôt des manuscrits d’autres auteurs dans les prochains mois ? 

     Possiblement jamais. Mes derniers projets m’ont permis d’établir mon modèle d’affaires, les lignes éditoriales de la maison d’édition, les normes essentielles au travail d’édition. Mes projets d’écriture remplissent mon calendrier pour plusieurs années.

     Par la suite, je verrai où l’aventure m’amène.